dimanche 6 mars 2011

Le 19 février 2011... le premier jour du reste de ma vie.


Ca vous semble exagéré? Peut-être. Mais la vie dure si peu que si l'on ne l'exagère pas, elle s'enfuie déjà. C'est ce samedi-là que j'ai pris le bus de Buenos Aires pour aller à Santiago de Chile rejoindre Thomas, Benoît, Solène, Claire, Lorène, Gabriel & Lorène. Sur un coup de tête l'avant-veille, j'ai acheté mon billet d'autocar et j'ai fait mon sac. J'avais besoin d'air, besoin de quitter cette ville qui m'a changé mais qui m'a aussi contrarié. Qui m'a aimé et m'a testé. Je ressentais cette nécessité absolue de me rapprocher de ceux que j'aime afin d'appréhender au mieux la deuxième moitié de mon année portègne. Besoin de retrouver ceux sans qui rien n'aurait été possible. Une sorte de retour aux sources en fait...


Le 20 février, après 22h de bus qui se sont bien déroulées (à part le moment à la douane où on a passé trois heures, pour que les douaniers fouillent à la loupe tous les sacs, que les chiens cherchent de l'éventuelle drogue et qu'à la fin les mecs passent avec leur gobelet pour un pourboir...), je suis arrivée dans la capitale chilienne où Solène & Claire étaient venues me chercher.


Toutes les trois nous avons pris le chemin de la maison de Thomas pour y retrouver Lorène, Gabriel & Lionel et un peu plus tard Thomas et Benoît. Le bonheur que j'ai ressenti à ce moment-là était juste indescriptible. L'impression de revivre un instant ce que nous avions partagé deux ans durant. C'était tellement beau, j'aurais voulu rester la vie entière. Je ne me lassais pas de regarder tous ces visages familiers. Simplement, sans dire un mot. Juste observer ce qui avait changé et ce qui, surtout, était resté semblable. Ce sentiment d'être intouchable parmi eux, d'être moi-même, de ne pas surjouer, de ne pas m'inventer. D'être.


Nous avons passé des journées magnifiques à nous balader dans la capitale, à observer la vue incroyable de Santiago du Cerro San Cristobal, à goûter aux joies de pique-niquer sur la place de la Moneda (même si elle m'a laissé une impression étrange, comme si les stigmates de la dictature vivaient encore)... Et pour le dernier jour de ma visite, nous sommes allés à Valparaiso, une magnifique ville colorée sur les côtes de l'océan Pacifique que je voyais pour la première fois. C'est avec des yeux de petite fille que j'ai découvert un monde dont j'ignorais jusqu'alors l'existence. Et puis, la découverte partagée n'est que plus belle... Le besoin de commenter ce que l'on voit, de comparer nos impressions, je pense que c'est une façon magnifique de voyager.


Ces quatre fabuleuses journées ont été ponctuées de quelques notes sombres, mais surtout d'éclats de rire et de regards complices. Pour ne pas être lâche, je n'ai pas envie de ne garder que les bons moments. De cette année, j'ai envie de tout garder. Ma faiblesse comme ma détermination, mon admiration comme ma déception. Rien ne se jette d'une expérience comme celle-ci. Pas cette fois. A trop nier, on en oublie les leçons qui doivent nous guider pour la suite.


A l'instant où je vous parle - oui pour moi écrire est équivalent à parler - j'écoute une playlist "nostalgie" que je me suis faite afin de faire venir l'inspiration. Ce que je vais dire est "cliché" et je m'en veux d'être si fleur bleue par moment, mais on écrit toujours plus facilement sur le malheur que sur le bonheur. Alors, pour décrire ces moments de légéreté, de joies et d'espérances, il faut une musique nostalgique, mélancolique voire triste pour arriver à laisser s'exprimer les émotions.


Ma gorge se serre souvent quand je regarde des photos où les sourires figés de ceux que j'aime ne font que me rappeler le fait que je suis seule. Trop minuscule dans cette ville carnivore. Mais dans cette ville avec laquelle j'entretiens une relation fusionnelle. Je veux me confondre avec toi, Buenos Aires. Faire partie de ta vie, de ton paysage. J'ai déjà l'impression d'avoir tellement changé. Je suis à des années lumière de la "moi" d'avant. Celle qui n'osait rien et qui prenait tous les coups sans un mot. Celle qui ne parlait pas avant d'avoir répété sa phrase 10 fois dans sa tête... Je ne sais pas si j'ai changé en bien ou en mal, peu m'importe à vrai dire.


Le plus important pour moi en ce moment, c'est de me rendre compte qu'à force d'efforts et de partage, on peut réussir à se diriger vers la personne qu'on est. Dedans.


Merci...

samedi 5 mars 2011

Quebrada nuestra...


Je vous fait part d'un petit texte que j'ai écrit dans la Quebrada de Humahuaca. Je reviendrai sur mes deux semaines de voyage dès demain.

Plus rien n'est pareil,
Car rien n'égale la beauté vermeil,
De la Quebrada de Humahuaca,
De la vallée de Tilcara.

Paysage irréel,
D'une montagne éternelle,
De la Quebrada de Humahuaca,
Du village de Purmamarca.

La peau tannée par le soleil et le vent sec et froid,
Les indiens aux yeux ridés de joie,
Cachent leur combat,
Nommé Quebrada.

Le long des sentiers de cailloux, de pierres et de poussière,
Des cactus toisent les inconnus d'un air fier,
Et les montagnes par leur force de caractère,
Sont ravies de voir qu'elles leur font le souffle perdre.

Là, l'humain doit se faire petit,
C'est la nature, la mama qui commande ici,
Afin que la faune et la flore se développent comme si,
Elles ignoraient l'homme et sa folie.

Puissent les coutumes indiennes préserver ce qui t'appartient,
Par leur respect envers ton destin,
Pour que tu continues de surplomber le nord-ouest argentin,
Jusqu'à demain...

mercredi 16 février 2011

Quand on s'ennuie en vacances...

... On fait de la musique pardi!

http://www.youtube.com/watch?v=fMUL2MMyf5k

J'ai enregistré cette vidéo uniquement à l'aide de ma voix et de claquements de doigts.
J'ai commencé par enregistrer la basse: 4 minutes de "pam pam"... Ensuite j'ai fait une deuxième bande son avec les "tutulutu" et les claquements de doigts. J'ai superposé les deux bandes et ensuite j'ai enregistré le chant et la contrevoix sur les "tutulutulu".

Voilà! On s'amuse comme on peut!

lundi 14 février 2011

M+7


Aujourd'hui, cela fait donc 7 mois que je suis portègne! Le temps passe à une vitesse inouïe. Pour fêter ça: voici la description plus détaillée de notre voyage incroyable en Uruguay. Depuis cet épisode épique, mes parents sont venus me voir et nous avons arpenté la ville en long, en large et en travers! C'était vraiment génial de nous revoir et de faire visiter ma nouvelle ville et ma nouvelle vie! Avec ma maman nous sommes allées ensuite à Cordoba, la deuxième ville du pays après Buenos Aires. L'architecture est plus coloniale que dans la capitale, la vie y est moins bruyante et folle. Nous avons profité d'être dans la province de Cordoba pour aller visiter la maison d'enfance d'Ernesto Che Guevara! C'était vraiment impressionnant de voir les objets qui lui ont appartenu. Cette semaine, Claire & Hugo m'ont rendu visite et c'est aussi avec grand plaisir que je les ai guidé dans cette énorme métropole! Merci pour la jolie photo qui est déjà à mon mur!

Voici maintenant le récit uruguayen!

Tout commence le 22 décembre, lorsque Claire, Marine (Delanoë) et Maëlle (Sciences-Po Lille) et moi prenons le bus à la station Retiro pour 9h de voyage jusqu'à Montevideo. La nuit était assez rude pour moi car ayant fait mon sac à l'arrache, vu que les 24h précédentes je ne les avais pas passées chez moi, j'avais oublié de prendre un pull... Vous me direz: Elle nous casse les couilles parce qu'il fait chaud et elle se plaint qu'elle a oublié un pull?! Oui, ba en fait, il faut savoir que dans les bus ils mettent la clim autant que dans une chambre froide, donc si t'as envie d'arriver autrement qu'en surgelé Picard, tu dois prévoir pulls, voire couvertures et autres châles de survie. Nous avons passé la frontière avec l'Uruguay aux alentours de 3h du matin et évidemment le contrôle des passeports a duré un moment et cerise sur le gâteau: Maëlle a été appelé par les mecs de la Douane pour un contrôle de routine. Ils ont fouillé tout son sac, qui était bien caché dans la soute bien entendu, sinon on se marre moins. Et voilà comment je me suis retrouvée en chemise de nuit et à pied de chaussettes sur le bitume d'Uruguay en attendant de pouvoir repartir. On aura quand même bien rigolé avec cet épisode en disant que Maëlle était une dealeuse de légumes puisqu'on avait beaucoup de conserves dans nos sacs pour pouvoir se nourrir à Cabo Polonio, le village hippie. A Montevideo, nous avons pris un autre bus direction Cabo Polonio. La traversée de la campagne uruguayenne a été très agréable. J'ai découvert un pays vert et je me suis sentie très à l'aise. Nous sommes arrivées à Cabo Polonio, enfin au bord d'une route paumée quoi. Et c'est là que nous avons retrouvé Claire, notre franco-brésilienne préférée, qui nous attendait déjà depuis fort longtemps. Toutes les 5 réunies, nous avons pris une jeep qui nous a emmené jusqu'au village au bord de l'océan en passant par des dunes et des sentiers escarpés. Le village est sensationnel. C'est une sorte de village hippie (que plus tard nous avons renommé village de sales :p) où les cabanes n'ont ni d'eau courante ni d'électricité, bref un retour à la nature assez énorme. Notre première cabane, celle de Gaston (le proprio qu'on n'a jamais vu), était vraiment très sale, les matelas avaient vu la naissance de l'Uruguay et la guerre du Paraguay, les toilettes n'évacuaient pas les seaux d'eau qu'on y versait, bref... que-du-bonheur! Il y avait des cafards dans la "cuisine" et surtout... CA PUAIT! Mais un truc de malade! Un habitant du village (Alejandro - Ale ALE JANDRO, qui deviendra notre nouveau proprio pour les 2 nuits suivantes, car on n'en pouvait plus) nous a dit que c'était l'odeur des hormones des loups de mer en pleine période de reproduction que l'on sentait dans le village. Soit. Ce n'est pas faux car quand nous avons vu les loups de mer de plus près, leur odeur était semblable. Mais à cela, il faut ajouter le fait que les ordures sont entassées dans des bacs de bois sous 40° et que les animaux comme les humains font leurs besoins dehors vu la précarité de la "chasse d'eau manuelle". C'est dans cette charmante première cabane - Lo de Nena - que nous avons passé la nuit du 24 décembre, un Noël hors-du-commun. Nous avions mis nos cadeaux au pied de la cheminée autour de feuilles d'arbres que Claire et moi avions piquées au voisin puis autour d'une planche de bois après l'innondation de la cabane par le ravitaillement en eau... Nous avons connu la joie de faire la vaisselle à l'eau potable ou à l'eau de l'océan, de prendre une douche à 5 en 5 secondes chacune car le revitaillement en eau n'était pas énorme, de se baigner dans une eau qui sentait les égoûts, de se retenir de faire la grosse commission car les WC ne nous le permettait pas, de cohabiter avec des crapeaux... Nous avons bu un verre dans un petit bar (oui, parce qu'on est hippie, mais y'a quand même des touristes dans le village donc y'a le strict nécessaire: dont la bière!) puis nous avons mangé nos toasts de pâté (faute de foie gras) dehors. La nuit est tombée et nous avons allumé nos bougies dans la cabane pour pouvoir voir à plus d'un mètre. Nous avions cuisiné une sorte de tortilla qui à première vue était assez... étrange, mais qui s'est révélée être délicieuse. Nous avons accompagné ce bon mets par un vin blanc. En dessert nous avions cuisiné une salade de fruits maison avec une part de gâteau au chocolat. Ensuite, à minuit moins 10 (oui Claire, toi tu les as ouvert à minuit PILE!!!) nous avons commencé à ouvrir nos 4 cadeaux chacune. C'était super sympa. Cette expérience nous a beaucoup rapproché, j'ai d'ailleurs dit à Marine: "Hier tu ne connaissais pas Claire (Panama) et aujourd'hui tu lui parles de ton caca" Et c'était tout à fait ça! Les détails matériels et les soucis rapprochent énormément! Les deux autres nuits, nous les avons passé dans une plus grande cabane plus loin des loups de mer! On avait plus d'espace, mais le même problème de chiotte! Cela a donné lieu à de nombreuses expéditions "grosse commission" dans les chiottes publiques à 20 minutes de marche ou dans les dunes... C'est d'ailleurs lors d'une de ces expéditions en solo que je me suis perdue. Pour resituer, il était 22h, et je n'en pouvais plus de me retenir. Y'a un moment ton bide dit stop, faut arrêter de déconner! Je suis donc partie avec mon amie la lampe de poche qui éclaire à 1,5 mètre vers les dunes. J'ai essayé au maximum d'avoir une trajectoire rectiligne pour ne pas perdre la maison. Ba oui, sans électricité, va retrouver ta maison dans le noir complet... Bon évidemment, avec les herbes, les bêtes cheloues et autres réjouissances, ma trajectoire a (légérement?) déviée. Au final, après m'être soulagée (j'deviens moins trash, nan?!), je reprends le chemin de la maison. Bon c'est là que ça devient compliqué. La lampe de poche éclairait seulement mes pieds et je me guidais une fois toutes les 6 secondes quand la lumière du phare faisait un tour. J'ai mis 30 minutes pour retrouver la maison. Je m'approchais de chaque cabane pour regarder par la fenêtre pour savoir si c'était la nôtre... J'entendais des bruits d'animaux et j'avais super peur. J'ai eu une espèce de crise d'angoisse car les cabanes étaient éparpillées sans aucune logique et je voyais déjà le moment où les piles de la lampe allaient mourir... Je suis tombée sur une dune que je n'avais pas vu et j'ai commencé à paniquer. Finalement au loin j'ai reconnu une forme de rideau que j'avais déjà vu. J'ai suivi ces rideaux à chaque fois que le phare daignait les éclairer et j'ai retrouvé ma maison!!! J'ai quand même bien paniqué! Les deux derniers jours nous avons continué nos balades vers les loups de mer, ou dans les dunes, nos missions vaisselles, nos repas improvisés à la bougie, nos baignades dans une eau douteuse! Les nuits ont été aussi très folklo! J'ai dormi dans un lit une place avec Marine car le matelas en haut avait des laaaaaaaaarves selon Maëlle, bon y'avait juste un asticot, mais ça fait jamais envie. Enfin c'était très très sale, et on essayait de dormir sur nos paréos et pas à même le matelas qu'on n'osait même pas regarder d'ailleurs! Finalement, le 27 décembre les deux Claire et moi sommes parties pour Punta del Diablo, un village moins hippie et plus surfer (Quicksilver power) à une heure et demie au Nord de Cabo Polonio. Arrivées là-bas, nous avons eu le bonheur de découvrir que nous allions vivre une semaine avec de l'électricité, de l'eau courante et donc une douche (et pas un seau d'eau du puits que nous versait l'une d'entre nous à tour de rôle), une chasse d'eau... BREF LE LUXE TOTAL! Nous avons passé 3 jours toutes les 3 car les brésiliennes sont arrivées plus tard que prévu. Nous nous sommes balladées, reposées, baignées... Bref farniente total. Nous avons fêté le Nouvel An sur la plage toutes les 6 (les Claire, Rafaela, Mariana et Barbara, les trois cousines brésiliennes et moi). Les feux d'artifice ont éclaté de partout et nous nous sommes embrassées dans le sable! C'était magique comme moment. Et assez irréel aussi. Nous avons ensuite danser jusqu'à 4 heures du matin dans un bar-discothèque brésilien très sympa. Nous nous sommes bien amusées malgré les relous qui nous collaient et voulaient plus que notre sympathie apparement... Les trois derniers jours nous les avons passé aussi toutes les trois et nous avons bien parlé et bien ri. C'était vraiment génial de se revoir et de partager des moments aussi forts ensemble. Pour finir mon récit des vacances, il faut que je vous parle de mon retour à Buenos Aires... épique! Nous sommes arrivées à Montevideo le 3 janvier avec Claire, mais la gare de bus ayant brûlé lors d'un incendie dans la semanine, le terminal et les compagnies de bus étaient perturbées. C'est pourquoi il n'yavait plus aucun bus qui assurait la liaison avec Buenos Aires. Je n'avais plus un rond, alors je devais absolument rentrer chez moi. Finalement, j'ai pris le buquebus, c'est à dire un bus qui amène à Colonia (ville d'Uruguay située pile en face de Buenos Aires) + un bateau qui traverse le Rio de la Plata jusqu'à la capitale de l'Argentine. Outre le fait que j'ai sonné au contrôle des bagages parce que j'avais... un ouvre-boîtes (ba oui fallait bien les ouvrir ces conserves!!!) et que j'ai perdu Claire à Montevideo, tout s'est bien passé! Tout? Non, j'oubliais. A Colonia avant de prendre le bateau, le mec de la douane me demande ma carte verte d'Uruguay. Et moi de lui répondre: on ne m'a rien donné. S'ensuit une discussion comme quoi mais bien sûr que si j'avais une carte d'entrée sur le sol uruguayen. Mais non, j'étais au regret de lui dire que je n'en avais pas... Bref, j'ai fini au commissariat où j'ai du expliquer le truc, et où j'ai dit que j'étais résidente argentine que j'avais mon papier des autorités argentines et qu'étant venue en bus je n'avais eu aucun papier de la part des autorités uruguayennes. Les mecs ont appelé le chauffeur du bus qui m'a emmené en Uruguay pour finalement me dire qu'ils étaient désolés mais que le conducteur était passé par un pont entre l'Argentine et l'Uruguay où on ne distribuait pas de carte verte d'entrée...Super! Le plus drôle (pas pour moi) dans l'histoire, c'est que j'ai été la dernière à monter dans le bateau et que j'ai du faire attendre tous les passagers (environ 500) avant de pouvoir partir! J'étais super à l'aise quand j'ai passé la porte du bateau et que tout le monde me regardait avec l'air de dire: putain jusqu'au bout les touristes, ils nous les feront toutes! Ba c'était pas ma faute!!!!

Voilà! A plus pour de nouvelles aventures!

dimanche 16 janvier 2011

"There is a time when we all fail..."

Tag: "Sois heureux"

Les chroniques d'une jeune fille à Buenos Aires reprennent du service. J'attends mes parents qui arrivent jeudi matin à Ezeiza. Je suis tellement contente. J'ai hâte de leur faire découvrir où je vis, ce que je vis, de leur faire visiter la ville et ses trésors. Je crois l'avoir déjà exprimé ici, mais le plus frustrant dans cette expérience, c'est de ne pas pouvoir la partager avec ceux qu'on aime. Mais là, ils en auront un échantillon et ça me remplit de joie...

Hier, le couple argento-colombien qui vit dans la chambre à côté de la mienne (ceux qui ont Nina, le gentil chat) m'ont proposé de sortir avec eux, ce qui m'a fait très plaisir. Nous avons donc mangé (à 17h, mais bon... tout est décalé ici!) tous les trois et le soir, nous sommes allés voir un film en plein air dans le cadre du festival "Ciudad al aire libre" (Ville à l'air libre) qui dure deux mois. Ensuite, nous sommes allés manger une pizza, avant de prendre le bus et de rentrer à la maison. Cette sortie m'a fait beaucoup de bien au moral et j'ai pris confiance un peu en moi. Ils sont tous les deux adorables et je suis ravie d'avoir partagé ces moments avec eux. Le film était très marrant, même si la fin nous a un peu bouleversé (surtout Mariana et moi!). Il s'appelle "El hombre de al lado". C'est l'histoire d'une famille qui voit son quotidien bouleversé par l'arrivée d'un nouveau voisin, pour le moins... étrange!

Ce festival d'été est vraiment génial parce qu'il propose des films célèbres argentins, des concerts de groupes connus, des activités ludiques, des spectacles oiginaux,... gratuitement. Pour le moment, j'ai vu deux films dans un parc de Palermo. Il s'agit du concept de l'"Autocine". Tu regardes un film sans sortir de ta voiture! Mais pour ceux qui n'ont pas de voiture, il y a des gradins et des chaises devant l'écran. J'ai également vu dans le cadre de ce festival estival, un spectacle de tango aérien très impressionnant. J'ai vraiment adoré cette représentation car les musiciens jouaient des morceaux de tango moderne à la perfection et les danseurs évoluaient à moitié sur scène et à moitié suspendu à un fil. C'était vraiment très original et beau à voir.

Aujourd'hui, il a plu toute la journée, alors ce n'est qu'à 18h que j'ai pu sortir me promener un peu jusqu'à 20h. Je suis allée au Parc Saavedra et ai visité un peu le quartier de Belgrano. C'était vraiment agréable car pour une fois, il ne faisait pas chaud!

J'essaie de me secouer un peu en ce moment. Je suis en phase descendante et je n'aime pas ce sentiment de lâcher prise. Ce n'est pas la fin du monde. C'est la fin de quelque chose, mais le début d'autre chose. Pourquoi s'obstiner à regarder le passé quand le présent s'annonce radieux? J'ai peur de l'avenir, j'ai peur de demain, mais ce n'est pas une excuse pour se retrancher dans des souterrains mentaux sinistres.

Et aussi. Je choisis quel Master?

vendredi 7 janvier 2011

Tu dis.



Tu sais l’amour, c’est un peu comme repartir de zéro. Connaître l’autre. Te connaître toi-même. Comme un jeu sans fin qui ne s’apprend pas. Ne me demande pas comment on y joue. Il n’y a pas de règles. Toi qui as tant de mal à les suivre et à les accepter. Tu dis que les règles enchaînent, tu dis que les lois nous affaiblissent. Alors, joue à l’amour. Car toi seule sais quelles sont les exigences qu’il comporte. Il n’y a que toi pour décider de la tournure de l’histoire. Tu es seule. Tu dis que la solitude nous renforce, tu dis qu’elle nous force à nous regarder dans un miroir sans détourner le regard. Alors regarde-toi. Regarde ce que l’absence de règles t’a causé. Tu dis qu’il faut suivre le chemin qui nous mène au bonheur. Tu dis qu’il s’impose à nous, qu’il ne faut pas le chercher. Alors pourquoi es-tu immobile face à un carrefour ? Pourquoi les doutes t’envahissent à chaque fois que tu comptes suivre tes idéaux ? Tu cherches à prouver à toi-même que ta philosophie est la bonne, que tu es dans le vrai. Mais alors, pourquoi n’arrives-tu pas à suivre tes recommandations ? Il est plus simple de ne pas se remettre en cause, il est plus aisé de critiquer ce que l’on ne comprend pas. Tu dis que la vie c’est une série de choix personnels. Mais alors, que faire quand une tierce personne s’insère dans ta vie ? Tu penses que la vie se vit seule ? Tu dis qu’autrui a la même logique que toi, alors que finalement, chacun s’y retrouve. Mais pourquoi autrui te ressemblerait ? Ton estime de toi-même est tellement forte qu’elle te conduit à croire que les autres suivent les mêmes sentiers que tu ne penses pas battus. Pourtant ton anticonformisme pue la banalité. Tu crois être exceptionnelle en prenant une direction que tout le monde évite. Tu cherches juste à t’affirmer comme différente. Pourquoi ce besoin ? Pourquoi cette nécessité alors que tu ne cesses de répéter que chaque individualité est unique. Pourquoi doutes-tu de ta certitude ? Tu dis que la certitude nous étouffe. J’étouffe de me croire perdue. Sans boussole, sans carte, sans rien qui puisse me rattacher à la terre. J’erre dans un mouvement discontinu et sincère. J’ai du mal à respirer, j’ai mal dans la poitrine, j’ai des larmes qui coulent à flot sur mes joues rouges de honte. J’ai peur de me tromper, j’ai peur de m’emballer, j’ai peur de toi, aussi. De tes résolutions, de ton obstination à me mettre face à moi-même et à mesurer le poids de mes erreurs. Je me rassure en me disant que ta torture m’est bénéfique. Tu dis que souffrir rend meilleur. Alors pourquoi te tords-tu de douleur ? Pourquoi ne souris-tu pas dans ta détresse ? Tu sais, l’avenir c’est comme un rideau derrière lequel tu peux trouver tout ce que tu cherches. Tu dis qu’il suffit d’y croire, qu’il suffit de travailler, de se donner les moyens et que le futur sera ce que tu souhaites. Tu dis que l’avenir ce n’est que la projection du présent. Que plus tard n’existe pas, que c’est maintenant que tu décides de l’après. Pourquoi trembles-tu devant cette page alors ? Mon estomac convulse devant tant d’incertitudes. J’ai peur de ne pas être à la hauteur de l’avenir que je me construis chaque jour. Tout me paraît si irréel et flou. Tu sais c’est comme regarder dans le fond d’une photo. Tu crois toujours que tu peux voir plus loin que les contours. Mais, à un moment, l’image est coupée, alors tu imagines le reste. Ce qu’il y a autour, qui n’était pas assez digne d’intérêt pour être dans la photographie. Les choix c’est comme ça. Tu centres tout ce qui t’importe, et en périphérie, tu laisses les choix de second rang. Les choix par défaut. Les défauts de choix, aussi. Tu dis que le destin n’existe pas, que tout n’est qu’une question de gestion. Alors explique-moi pourquoi tu ressens la nécessité de laisser un espace mental pour ce qu’il ne t’arrivera jamais. Pourquoi t’obstiner à rêver une vie que tu n’auras jamais ? Tu dis qu’un rêve n’est pas malsain dès lors que tu sais t’en réveiller. Mais quelle est la limite entre le rêve et la réalité quand tu ouvres les yeux le matin ? J’ai mal de douter. Tu dis que le bonheur est à porter de main. Pourtant, tu les gardes croisées sur ta poitrine en regardant le plafond. Tu dis que personne ne peut t’aider à aller mieux. Que c’est à toi de remonter la pente toute seule, car sinon, tu pourrais retomber trop facilement. Tu dis que la seule à pouvoir te sauver c’est toi. Alors pourquoi cette inertie ? Pourquoi cette apathie ? Le temps se lasse d’attendre ta réaction. Les jours coulent sans prendre en compte tes remords, tes regrets et tes tergiversations. Attends-toi, au mieux, à ce que le monde tourne sans toi. Tu dis que toi seule peux te guérir. Alors pourquoi t’accroches-tu à n’importe quelle personne qui te semble digne de confiance ? Pourquoi te sens-tu incapable de cacher ta faiblesse ? Pourquoi es-tu si honnête avec les autres, au risque de les effrayer ? Pourquoi mens-tu à ceux que tu connais bien alors que tu dis la vérité au premier venu ? Cette contradiction semble logique, mais il ne faudrait pas. Tu dis que rien n’est acquis, qu’il faut toujours prendre soin de ce que l’on a déjà réussi à obtenir. Alors pourquoi délaisses-tu tes anciennes passions et renies-tu tes succès ? Tu sais, c’est comme se repasser les échecs en boucle dans son cerveau en omettant le reste. Se persuader que rien n’est allé droit. Pourquoi faire ? Pour te lamenter et pleurer sur ton sort comme une enfant ? Pour te convaincre que tu n’as pas le contrôle de ce que tu es aujourd’hui ? Pour te déculpabiliser ? Tu me fais honte. Tu me dégoûtes. Tu me rends malade. Tu prétends être forte, tu crois être faite de ciment et d’acier. Mais tu n’es rien d’autre qu’une poupée de chiffon qui ouvre son cœur à n’importe qui pour faire croire qu’elle est encore capable d’aimer à corps perdu. Tu n’es qu’un fantôme qui erre entre ses souvenirs. Une ombre du passé qui empêche le futur de naître. Tu n’es rien d’autre qu’un imposteur. Un pantin désarticulé qui croit penser par lui-même quand tout ce qu’il prêche lui est inconnu.

Aventures d'outre-Atlantique.


Dans quelques jours, cela fera exactement 6 mois que Buenos Aires m'aura absorbé. M'aura avalé. Je pense que le mot correspond tout à fait. On ne peut pas se situer au-dessus de Buenos Aires, au mieux, on est à l'intérieur. Rien ne peut la jauger. Rien qui n'ai taille humaine en tout cas. La moitié de mon année se sera écoulée. Plus le temps passe, plus j'ai peur. J'ai peur de partir. Les choses s'inversent. Il y a peu, j'aurais tout donné pour retrouver mon cocon lyonnais, mes repères, mes souvenirs, ma vie. Mais aujourd'hui, je me rends compte que j'ai une vie ici, aussi. Pas une deuxième vie, pas une de substitution... Mais MA vie. Désormais, Buenos Aires sera un chapitre de mon existence. Peut-être en réécrira-t-elle de nouveaux...

Depuis le 16 décembre, je suis en grandes vacances d'été. Enfin! Cela faisait longtemps que j'espérais cette trêve après de longs mois de travail et de stress. Mon partiel d'histoire de l'Argentine à l'oral s'est extrêmement bien passé. J'ai validé tout le semestre avec une moyenne de 9/10 et je suis vraiment satisfaite. Cette bonne nouvelle a clôturé la première moitié de mon aventure portègne. Quelques jours plus tard, nous avons fêté la fin de l'année scolaire à l'UNSAM en chanson. Des groupes de musique étaient présents jusqu'à minuit, puis un DJ a pris le relais pour nous faire danser jusqu'à 3 heures. C'était vraiment génial de partager ces moments de bonheur avec les amis que je me suis fait au long de ce semestre. Malheureusement, beaucoup d'entre eux n'étaient là que pour 6 mois, ainsi, ils sont déjà retournés dans leurs pays respectifs... J'espère faire d'aussi belles rencontres le semestre prochain. Par chance, certaines personnes demeurent...

Je viens de rentrer de 11 jours merveilleux en Uruguay avec nos 2 Claire nationales, Marine, Maëlle (pour Noël) et Mariana, Rafaela et Barbara (3 amies brésiliennes de Claire pour le Nouvel An). Ces fêtes de fin d'année étaient atypiques à tout point de vue. Crier "Bonne Année" sur une plage, les pieds dans l'eau, ça n'arrive pas tous les jours!

Noël à Cabo Polonio était une expérience vraiment hors-du-commun. Nous avons passé 5 jours dans ce village hippie perdu dans l'état de Rochas. Nos cabanes ne disposaient ni d'électricité ni d'eau courante. La vaisselle, la douche, la chasse d'eau... autant de choses évidentes en temps normal se sont transformées en casse-tête. Aller chercher l'eau au puits, ou à la mer sont devenues nos activités quotidiennes. Nous nous sommes éclairées à la bougie toutes les nuits ce qui rendait l'ambiance encore plus intimiste...! Ce Noël autour de toast au pâté à défaut de foie gras était vraiment épique. Le plus important est d'être entouré de personnes extraordinaires, et comme c'était le cas, ce 24 décembre fait partie de mes meilleurs souvenirs.

Nous avons passé ensuite le Nouvel An à Punta del Diablo, au nord de Cabo Polonio. Notre cabane offrait cette fois-ci l'électricité et l'eau courante, alors, autant vous dire que c'était le luxe pour nous! Nous nous sommes beaucoup promenées dans cette ville et nous nous sommes baignées dans l'océan Atlantique. J'ai vraiment été impressionnée par les paysages de rêve que nous avons contemplé. Le 31 a été vraiment une bonne soirée dans un bar-boîte brésilien, la musique était variée et nous avons dansé jusque tard dans la nuit, ou tôt le matin, je ne sais plus bien!

Sur ce, je vous laisse et vous dis à très bientôt pour un nouveau récit. Bonne année à tous, qu'elle vous apporte tout ce que vous désirez.